My Week with Marilyn

A star is torn…

A sa façon le film mérite d’être étudié, ne serait-ce que pour comprendre comment un long-métrage académique jusqu’à l’excès peut commencer à fasciner (grâce à ses comédiens, en grande partie), et comment un parti pris finalement intéressant peut être ruiné par une conclusion en forme de contresens.

Voyons d’abord le bon : My week with Marilyn est un très joli « petit » film, extrêmement sage, qui vient effleurer la légende de la plus grande star du XXe siècle. Effleurer de façon très convenue, certes, mais avec suffisamment de conviction et de fraîcheur pour qu’on se laisse entraîner. Ce qui est tout même le propre d’un bon film : nous raconter une bonne histoire. Et l’histoire, ici, est réellement bonne : évoquer Marilyn Monroe simplement durant le tournage du Prince et la danseuse (de Laurence Olivier) et au détour d’une bluette avec un tout jeune homme, c’était un choix finalement plus amusant qu’un simple biopic linéaire. Et le résultat est globalement bon, notamment grâce à ses acteurs qui évoquent parfaitement leurs modèles, même s’ils ne jouent pas tous autant le mimétisme que Michelle Williams. Il faut dire qu’elle réussit la performance de nous faire oublier qu’elle ne ressemble pas du tout à Marilyn Monroe, à force d’imitation de toutes les attitudes de son modèle. La magie opère ; on se laisse entraîner de bonne grâce.

Sauf que le film commet l’impardonnable : se louper complètement au moment de la chute. Le parti pris de Simon Curtis – le réalisateur – était de montrer l’icône à travers les yeux du jeune Colin Clark. Répétons-le : c’était un vraie bon choix de mise en scène. Car ainsi, on passe de l’admiration inconditionnelle à la découverte des failles ; du fantasme incandescent au dévoilement de la femme fragile, immature, dépendante, perdue… Les regains d’admiration n’en sont que plus touchants, car enrichis des craquelures entrevues au fil du récit. Le travail sur la lumière (ambiances surexposées contre scènes d’obscurité), s’il n’est pas spécialement original, sert parfaitement le sens du récit. Jusqu’au drame du film : ce moment où il faut refermer la page de cette chronique et (nous comme le personnage principal) dire adieu à Marilyn. Soudain, alors que la descente du piédestal avait été parfaitement orchestrée, alors que la personne découverte se révélait bien plus touchante que l’icône du début, voilà que Marilyn se remet à briller de mille feux et repart dans toute sa gloire. Exit ses faiblesses, exit sa solitude, exit son mal-être. Il ne reste soudain que le halo de lumière du début, comme si le réalisateur venait nous dire : « Oubliez tout ce que vous avez vu, et ne gardez d’elle que le meilleur souvenir. » En soi, l’idée aurait pu être intéressante si l’on avait découvert une Marilyn Monroe foncièrement antipathique ; sauf que, justement, la Norma Jean entrevue était encore plus belle de se montrer humaine… Le film se contredit, et laisse ce goût amer des leçons que personne ne réussira jamais à apprendre. Dommage.

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1 commentaire
  1. Corine a dit:

    De ce film, je me souviens d’une Norma toute en fêlures. Touchante. D’une baignade.D’une nature, belle.D’un jeune homme qui ne peut que tomber amoureux. Et la fin, tellement évidente: le sentiment amer que ce n’était qu’un jeu, un jeu de plus, un jeu de dupe. Une vie de cinéma…Difficile d’aimer Marilyn. Impossible de la détester.

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